Parution de PERLES DE LUNE    de Daniel BOSCHERO


 

Avant-propos

 Un matin d’hiver 2008, une plume a frappé au carreau. La lune s’est glissée subrepticement dans la vieille demeure diffusant une présence silencieuse, sereine et pleine de légèreté. Comme le dirait l’inoubliable Winnie, dans la pièce de théâtre Oh les beaux jours de Samuel Beckett : « Oh, le beau jour encore que ça aura été ! » 

Depuis, le parfum de cette exquise rencontre a perlé de lune en lune, au cours des mois et des ans. Ce coup de cœur a ainsi formé un collier, dont le fil aiguillonne un chemin de vie passant par la découverte de la dimension féminine sacrée. Sa révélation respire à travers les petits instants d’émerveillement du quotidien, en guise de présent à des amis de bien, au rythme du calendrier lunaire.

Depuis la nuit des temps, les hommes ont accordé une importance particulière à la lune et à son impact sur l’environnement, notamment au moment des semailles et des récoltes. Ils ont remarqué ses effets sur leur état d’âme et la qualité du sommeil les soirs de pleine lune. Des parallèles existent entre les cycles de la lune, ceux du corps, les mouvements des marées et le développement de la vie.

Les anciennes civilisations ont assimilé les planètes et les astres à des divinités. En Mésopotamie, Sin dieu des Babyloniens qui figure la lune, principal astre éclairant la nuit, est le père du dieu solaire Shamash. En Égypte, Thot représente le dieu lunaire qui est aussi le dieu de la sagesse. Osiris en général associé au soleil, incarne le dieu lune avant de mourir puis de revenir à la vie. Si dans les civilisations grecque et romaine le soleil, en particulier dans sa symbolique, est considéré comme le dieu solaire Apollon, la lune est assimilée à sa sœur jumelle Artémis chez les grecs (Diane chez les romains) et plus spécifiquement à Séléné (Luna). A l’inverse, dans d’autres langues et cultures, comme en allemand ou en tibétain, le soleil représente l’énergie féminine et la lune l’énergie masculine. En Inde, dans les écritures sacrées des Védas, Surya est le soleil et Chandra la lune est un dieu masculin illustrant le cycle de la vie, de la mort et des renaissances. Symboles changeant selon les traditions, ces dieux-astres éclairent notre monde et figurent également la capacité de voir. Le soleil et la lune sont d’ailleurs vénérés comme les deux yeux d’Horus, dieu égyptien qui préside au ciel.

La douce lumière de la lune éclaire la nuit sombre et constitue une présence lumineuse rassurante pour les marins. Les amoureux y trouvent une source de soirées romantiques en attendant, peut-être, de célébrer leur lune de miel.

Sur le chemin du sens de la vie ou du mystère de l’âme du monde, nombreux en vérité promettent la lune. Il convient néanmoins de ne pas tomber dans la naïveté et l’adoration vaine en oubliant le bon sens, ni laisser l’orgueil et son cortège de passions mener la danse en demandant la lune. Même si parfois elle semble si proche que l’on pourrait presque la décrocher ! A toujours rester dans la lune en oubliant l’attention et la vigilance, on risque fort un jour d‘en tomber !

Comme dit le proverbe asiatique, qu’il convient de retourner dans tous les sens :

« Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ».

                                                                                                                                                                                Daniel BOSCHERO




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